Du 5 au 8 août à Tchaoudjo, puis du 11 au 14 août 2025 à Tchamba, l’ONG PAFED a organisé une série d’ateliers de formation à l’endroit des leaders communautaires, religieux et membres des MCPE. Cette initiative s’inscrit dans le cadre du projet « Renforcement de la société civile pour la lutte contre les violences de genre au Togo », financé par ASDI à travers Plan International Suède et Plan International Togo.
Ces sessions de formation, regroupant 76 participants dont 20 femmes. Dans Tchaoudjo, elle a touché 38 participants dont 13 femmes et à Tchamba 38 dont 7 femmes. Elles visaient à outiller les leaders communautaires, religieux et membres des MCPE afin de renforcer leur rôle dans la prévention et la lutte contre les violences basées sur le genre (VBG).
Cette diversité de profils a favorisé un dialogue riche et inclusif autour des défis et solutions locales pour la prévention des violences basées sur le genre (VBG).
Le programme Empower met l’accent sur la protection transformatrice, une approche qui engage hommes, femmes, jeunes et enfants dans la promotion de l’égalité des chances et le refus des violences. Les participants ont été formés entre autres sur :
- L’influence des leaders traditionnels et religieux dans la prévention des violences ;
- Les rôles et responsabilités des leaders communautaires et des MCPE ;
- La communication avec les enfants et les familles ;
- La compréhension des normes sociales et de genre favorisant les violences ;
- L’élaboration de plans d’action communautaires de sensibilisation et de prévention.
Les participants se sont engagés à mettre en œuvre les plans conçus, avec l’appui technique de PAFED. Ces actions devraient contribuer à créer des environnements communautaires plus sûrs et plus équitables dans les préfectures de Tchaoudjo et Tchamba.
À l’issue de ces échanges, chaque groupe a conçu un plan d’action adapté à sa communauté pour promouvoir l’égalité et protéger les enfants.
Des témoignages de changement
« Après cette formation, j’ai compris qu’il faut instaurer un dialogue dans nos familles. Moi-même, je criais souvent sur mes enfants. Aujourd’hui, je sais qu’il faut créer un climat de confiance. Même dans nos communautés, nous devons agir face aux violences. » (Leader religieux de Wassarabo)
« Trop souvent, nous laissons passer des actes graves sans réagir. À présent, nous savons que nous devons sensibiliser et agir. » (Femme leader de Kouloundè)
« Certains pensent que ces formations rendent les enfants insoumis, mais c’est tout le contraire. Elles ouvrent nos yeux et nous donnent des outils pour protéger efficacement nos enfants. » (Chef de quartier de Kossobio)
Des actions concrètes déjà visibles
Au-delà des discours, les participants ont déjà démontré leur engagement :
- Dans un canton, les membres d’un MCPE sont intervenus pour empêcher un mariage précoce forcé, permettant à une jeune fille peulh de terminer son apprentissage.
- Ailleurs, les leaders ont reconnu la difficulté de dénoncer les cas de viol, souvent perçus comme une source de malheur pour la famille. La formation leur a permis de comprendre que « garder le silence, c’est être complice ».
Ces ateliers marquent une étape importante dans la construction de communautés plus sûres et équitables. Les participants repartent désormais conscients de leur pouvoir d’influence et de leur responsabilité dans la protection des enfants et des jeunes filles.
« Nous savons désormais que le silence rend complice du coupable. Au retour, notre devoir sera de sensibiliser nos communautés et de mener des actions concrètes pour changer les mentalités et réduire les violences », a confié un participant.
